Le 21
Juillet 1969 à 2 h 56 min 15 s, le premier homme posait un pied sur la lune, « un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité ». Mais pour que l’humanité avance, il en fallut un deuxième,
ce fut fait quand au petit matin ma mère mettait au monde un merveilleux bébé de 3 kg 800 qu’elle prénommait Roger… Moi , Roger « Franck » Puda, fils de Franck et d’Elisabeth Puda. Jeune Canadien
trentenaire, souvent critiqué par quelques camarades de classe parfois cruels, mais jamais abattu par ces acerbes remarques.
Garagiste génial, c’est conscient d’une certaine attraction charismatique remarquée au travers de divers témoignages de sympathie dans mon quartier que je désire aujourd’hui réclamer le fruit de 30 ans de douleur étouffée…
Nouveau Soldat Anarcho-marxiste, mercenaire à la solde d’un nouvel ordre… Je pense qu’il est temps de renverser le vieux chêne spéculatif et la pensée individualiste qui gangrène ce monde.
« On est des consommateurs, des sous-produits d’un mode de vie devenue une obsession, meurtres, banditisme, pauvreté, ces choses là ne me concernent pas, ce qui me concerne moi, ce sont les
revues qui parlent des stars, la télévision à 500 chaînes, les slips avec un grand nom dessus, le viagra, les repas minceur…
- Nadine De Rothschild…
- J’emmerde Nadine De Rothschild! Nadine De Rothschild elle astique les cuivres du Titanic, tout est en train de couler mec ! Alors merde ! J’emmerde tes canapés à motifs string et à rayures
vertes, moi j’te dis ne soit pas complet, j’te dis arrête d'être parfait, j’te dis qu’il faut évoluer, ce qui arrive, arrive… ~ Tyler Durden
Je vous invite ensemble à enterrer avec moi la nouvelle économie qui finira par creuser elle-même sa tombe, pendant que vous et moi l’aiderons fièrement à tenir la pelle…
Fondons et regardons éclore le projet « OMEN »: Order, Mankind, Earth, New…
So if you meet me
Have some courtesy
Have some sympathy, and some taste
Use all your well-learned politesse
Or I'll lay your soul to waste…
Rue St Denis, Mythique rue du plaisir et de la déniaiserie parisienne. Autrefois endroit de tous les vices et de toutes les petites vertus, aujourd'hui ouvert à la diversité
commerçante par la semaest et accessoirement proche de mon pied-à-terre parisien. Depuis mon installation dans le quartier il y a une dizaine d’années, les mêmes vieilles putes usées arpentent le
trottoir, immuables représentantes du plus vieux métier du monde au milieu des stations vélib et des spots wi-fi du quartier numérique. Certaines déjà essayées,
d’autres ayant subit les outrages du temps ou physiquement ingrates à l’origine, bref une population qui faute de rafraîchissement régulier n’a jamais eu le temps d’induire chez moi une
dépendance à la chose.
Un lundi matin, avec ma putain, sur ma mobylette suite à la rituelle soirée vodka-Poker du dimanche soir m’opposant à Dimitri, dont l’enjeu, -toujours le même-
est d’obtenir la main de sa fille (magnifique brindille sibérienne aux yeux félins), de nouveau défait suite à ma défaite, je me lève avec cette gueule de bois
hebdomadaire désormais familière.
Encore dans le gaz, le teint bien jauni par ce début de cirrhose consécutif à ma déjà lointaine tentative d’enlever à ce sibérien bourru sa fille si rose, je m’aventure au dehors histoire de m’acheter un paquet de cigarettes qui rendrait officiel mon statut
d’épave transie.
Aveuglé par les premiers rayons du soleil, je me dirige au radar, traversant comme une ombre les passages et rues piétonnes menant à l’unique tabac de la rue St Denis ou quelque chose a changé.
Il flotte dans l’air frais du matin une nouvelle fragrance, plus légère, presque imperceptible, mélange de cendres, de fleurs, de chair encore rose. Rectifiant cet instant d’égarement, je
continue vers mon but et toujours un peu distrait par ce doux parfum, me heurte au lourd rideau de fer d’un dealer de cigarettes fermé.
Un cri d’agonie. “ Mon dieu”
Il tombe à genoux, plonge son visage dans ses mains. LA CAMERA ZOOM EN ARRIERE ET OBSERVE UN MOUVEMENT VERS LE HAUT jusqu’un PLAN GRAND ANGLE nous montrant ce que le sujet à vu. Un écriteau congés annuel placardé sur un rideau de fer.
Il roue de coups de poings le trottoir en pleurant et hurlant hystériquement au ciel.
« Ils l’ont fait les salaud, ils l’ont fait »
Je remercie intérieurement madame Monnier, professeur de 5e option art dramatique au Collège St Auriol de Meudon la Forêt et pose un regard périphérique sur la rue et ses badauds
n’ayant pas remarqué ma situation.
La révélation ne se fait pas attendre, cette odeur différente, semblable à celle d’un café chaud au réveil, le matin d’une première nuit d’amour, c'est ça qui a changé. Les vieilles
péripatéticiennes antiques ont été renouvelées, et tout un stock de prostituées d’élevage, certes standardisée mais bien plus bonnes sont éparpillées le pavé à chaque embrasure de porte (oui je
sais, je n’aurais jamais du essayer le slip sale de Jean-Marie Bigard que j’ai remporté sur EBay).
Moi, qui désespérais de me taper une pute, après avoir arpenté cette rue de long en large sur un kilométrage qui m’aurait permis de voir la lune de plus près et pour de vrai, sans n’avoir jamais
rencontré rien d’autre que des vieilles pommes flétries. Moi, dont le mirage d’une Jenna Jameson ou d’une Tabatha Cash me proposant ses services sur le simple sourire de mon porte monnaie était
définitivement effacé. Moi, dont la défaite d’hier soir m’avait laissé à l’apogée de mon désir inassouvi.
Je me retrouvais au milieu de la rue entouré de toute ces putes souriantes et bien fraîches…
(des putes, des putes oui mais des)
TO BE CONTINUED .....
Victimes Peripheriqu