Saint Valentin ... The true Story ... TEXTE

Publié le par peripherique

Bon alors hier c’était la Saint-Valentin (ce texte a initialement été écrit le 15 Février), jour que les millions de célibataires qui hantent la planète nomment peut-être à juste titre le “ 14 Février ”. Normalement, à moins d’avoir été retrouvé à moitié amnésique dans la cage en titane de la cave où mes parents me confinent parfois, je le sais toujours au moins un an à l’avance. Et ce d’année en année depuis que j’ai eu la bonne idée d’embrasser la petite Julie dans le petit bac à sable désert en bas de la maison.
Je sais que ce plan Marketing va finir par arriver ; toujours à la même période de l’année, entre le 13 et le 15 février. Depuis cette date anniversaire jusqu’à la suivante, cela laisse un moment de répit, en gros une année, un temps de gestation suffisant pour une guerre nucléaire ou un truc qui pourrait me mettre à l’abri. Le fait est que depuis le 15 Février de l’année précédente, je me dis que jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien… Sauf qu’aujourd’hui c’est le 14 Février cette fois ci de l’année suivante, et même si pour certains comme moi c’est déjà cool de pas être célibataire, j’ai toujours pas l’idée de cadeau « Originale ». Parce que même si le petit coupé Mercedes de l’année dernière a bien plu à madame, pour elle ce n’était pas assez « Personnel » ou « Original ». Donc malgré avoir repoussé 364 jours durant ma crainte de l’échec, je suis là, à deux heures de cette soirée de Saint-Valentin, au pied du mur, en train de chercher une idée originale, la tête dans les mains, assis sur un banc du boulevard Sébastopol.
Quasi désespéré, en relevant la tête, devant moi, sur une grande affiche dans la vitrine d’un « Office Dépôt© », je remarque l’inscription qui me redonne une lueur d’espoir, un truc que je n’avais jamais vu dans aucune des boutiques qui proposent des petits pulls et bijoux fantaisie à des prix exorbitants sur le boulevard saint-germain où j’avais passé l’après-midi.
Non, je n’avais rien vu de pareil. À ce moment, sur cette affiche je peux lire … « Vos tampons personnalisés, en 15 minutes »… Et je me dis que pourvu que le message soit assez « Personnel », l’idée serait « Originale ». Je finis par entrer dans cet espace où tout bon employé du tertiaire se sent chez lui, griffonne un petit quatrain à l’attention de la demoiselle, puis remet non sans embarras au préposé à la commande le petit papier avec tous ces petits mots ridicules inscrits dessus.
Un peu plus libre, je sors me rasseoir sur le même banc en attendant mon quart d’heure de gloire. Des moineaux se posent sur mon épaule, un rayon de soleil éclaire timidement cette fin de journée et je pense à tous ces moments que je ne peux partager avec cette femme qui partage ma vie… Ces moments Tampax© qui nous séparent, et je me dis que désormais même dans ces moments intimes, mes tampons personnalisés lui feront sentir que je la soutiens en toutes circonstances, pour le meilleur et pour le pire, comme me le rappelait ce vieil homme d’église voûté, avant que je n’acquiesce une dernière fois dans cette petite chapelle de campagne où mon « OUI » résonne encore.
Échappant non sans mal a ma nostalgie d’été indien, je vais retirer mon si précieux présent, je récupère le paquet, je paye et retourne sur mon banc du boulevard Sébastopol afin de contempler l’ouvrage contenu dans la boîte. Quand je découvre enfin l’objet, mon regard s’assombrit devant un tampon encreur certes bien fait avec un mécanisme qui lui permet d’être humide en toutes circonstances, mais loin de ce que j’attendais.
Il est désormais trop tard, mon rendez-vous est dans une demi-heure et je n’ai comme cadeau que ce stupide tampon encreur rouge. Je remets le truc dans sa boîte, que je mets dans la poche de ma veste, ce n’est pas grave, je dirais que j’ai eu un truc important et imprévu et je lui enverrais un bijoux hors de prix le lendemain pour me faire pardonner.
Quand j’arrive, un peu anxieux de devoir affronter son dépit, elle me sourit et moi j’ai un peu honte. Elle remarque une bosse dans ma veste, rougit et me dit que je suis un amour d’y avoir pensé ( comme si ces choses s’oubliaient). Sans laisser mes lèvres balbutier des excuses, elle fouille dans ma poche et aussi rapide qu’un pickpocket, elle attrape la boîte et l’ouvre. Elle reste sans voix un instant puis presse l’objet contre sa paume et lit les lettres rouges que l’encre pas sèche a laissé sur sa main. Elle rougit en lisant puis m’embrasse en me disant que je suis le meilleur des hommes et qu’elle tamponnera ce texte magnifique dès qu’elle voudra penser à moi. Et moi encore cette année je me dis… « Jusqu’ici tout vas bien, jusqu’ici tout vas bien, jusqu’ici tout vas bien »...       

PS : je sais ps pourquoi mais tous les commentaires ont été doublé "it's the power of love"

Publié dans TexT

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
C


J'aurais adoré aussi, un cadeau pareil ! Moi, mon chum m'a conquise en m'envoyant le produit de sa chasse : quatre moustiques collés sous scotch sur sa lettre d'amour me disant qu'il n'avait pas
besoin de moustique pour être insomniaque, penser à moi lui suffisait... Comme quoi, c'est pas les faits l'important, mais la façon de les présenter.


Me suis régalée !



Répondre
P


;)


un chasseur de moustique romantique :)


si t'aime bien le blog, tu peux faire un lien sur ton site.



K


qui voudrait d'un tampon encreur ? franchement ?



Répondre
P


avec un message equivoque dessus ... ça peut passer ... :)



K


Mdr !  vrai que c'est décevant d'être ainsi trompé sur la marchandise qu'on attendait, hu hu hu ... Elle est bien diplomate ta dulcinée d'avoir feint la joie.


 


(voyons si celui-ci se dédoublera, gnark gnark)



Répondre
P


Tu crois que serait une feinte ... ? elle est peut être sincère ...



N
Ouais moi aussi je trouve ça romantique !
Répondre
P

et ça l'est ...


N
Je débarque un an plus tard, 8 mois plus tard, mais c'es bandant ! ^^
Répondre
P

moi je trouvait ça plutôt romantique ... mais si c'est ta façon de dire la même chose ... alors oui